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      • 30/06/2014
      • Leucémie. Le brevet de l'espoir

          • C'est une belle étape de franchie. L'institut Leucémie Espoir, spécialisé dans les maladies du sang, vient de déposer un brevet très attendu portant sur une molécule à activité immunostimulante extraite des algues rouges. Les premiers résultats sur les animaux sont très encourageants.
          • L'expérimentation sur des souris de laboratoire a permis d'améliorer de manière spectaculaire le potentiel de défense des cellules de leur système immunitaire. Diminution de la formation de tumeur et forte augmentation de la survie des groupes traités. La prochaine étape consiste à tester cette molécule sur le primate, à condition de trouver les moyens financiers afin d'extraire suffisamment de molécules.

             

            Contenue dans les algues rouges, cette molécule déclenche un signal capable d'activer et de renforcer les protections naturelles de l'organisme. Le cancer qui s'est développé n'a pas fait l'objet d'une réaction appropriée de défense. L'introduction de cette molécule active de manière impressionnante le processus de lutte. "Si tous les cancers ne sont pas sensibles à la réponse immunitaire, nous avons la conviction que cette molécule peut agir sur les leucémies, les cancers du rein, les mélanomes ainsi que les maladies infectieuses à germe résistant de plus en plus courants", précisent les professeurs Eric Deslandes et Christian Berthou, qui travaillent depuis plusieurs années autour de cette molécule.

             

            C'est une collaboration croisée entre le laboratoire de sciences de l'environnement marin de l'IUEM (Institut Universitaire Européen de la Mer), à Plouzané et l'Institut de Recherche Translationnel en Maladies du Sang (IRTMS), à Brest, qui a permis de mener à bien ces travaux. Découverte autour des années 2000 par le professeur Eric Deslandes, la molécule présente en faible quantité dans les algues rouges bretonnes (1% de la biomasse de l'algue) a été patiemment extraite et étudiée à l'état naturel.

             

            Elle vient d'être copiée de manière synthétique. Les recherches consistent actuellement à s'assurer de l'efficacité et des effets de cette version synthétique. Les chercheurs tentent également d'en améliorer l'efficacité en la modifiant. L'ensemble du processus va demander encore beaucoup de temps et de moyens financiers. "Nous souhaitons avancer le plus vite possible mais il nous reste à vérifier, notamment, les effets sur le long terme et à écarter le risque de toxicité pour le corps humain", précise le professeur Christian Berthou. Tous les voyants sont actuellement au vert. La phase d'extraction de la molécule à l'état naturel et son développement synthétique seront déterminants pour passer à l'expérimentation humaine, qui demandera beaucoup plus de molécules disponibles. Mais il faut des moyens pour continuer.

             

            Le lien et les connections avec la Fédération Leucémie Espoir sont plus que jamais déterminants dans la recherche de soutiens et de partenariats. "Dans la dernière ligne droite, il ne faut rien lâcher", aime à répéter Yann Eliès, le skipper du Figaro Groupe Quéguiner - Leucémie Espoir, toujours aux côtés des chercheurs et des familles mobilisés.

             

            Source : Stéphane Jézéquel - Le Télégramme - 28 juin 2014

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