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      • 04/02/2015
      • Des molécules anti cancer made in Brest et une start-up en vue

          • Un laboratoire de chimie de l'université a développé une technique innovante pour mieux diagnostiquer les tumeurs mais aussi les détruire. Prochaine étape : la création d'une entreprise avec Ouest-Valorisation.
              • De quelle chimie s'agit-il ?
                "Notre objectif est de fabriquer et commercialiser des molécules innovantes en imagerie médicale et en thérapie" explique Raphaël Tripier, professeur de chimie, responsable du laboratoire Chasam (une douzaine de salariés). Cette équipe fait partie de l'unité mixte de recherche CNRS 6521, à la faculté des sciences de l'UBO. Leur projet s'appelle Easy Chélates du nom de ces molécules. C'est un exemple concret du passage de la recherche à une application directe en médecine nucléaire.

                Comment fonctionne leur technique ?
                Elle utilise une faible dose de radioactivité. Soit pour visualiser les cellules malades (imagerie médicale et diagnostic); soit pour les détruire (thérapie). Cette radioactivité est transportée dans l'organisme par un "taxi" moléculaire qui va reconnaître ces cellules malades. Ce "taxi" est un anticorps. il a une seule adresse : celle de la tumeur. "Notre spécialité c'est de fabriquer la "remorque" d'une part, à savoir les chélates, et d'autre part, l'accroche au "taxi"", précise Zakaria Halime, ingénieur de recherche.

                Cette radioactivité est-elle dangereuse ?
                Non, ce sont des quantités infimes. Elles sont éliminées de l'organisme en trois heures.

                Quel est son intérêt ?
                Ces chercheurs utilisent la tomographie par émission de positions (Tep) couplée au scanner. Elle localise précisément une tumeur. Ils travaillent à l'échelle du microscope. Ile peuvent voir une tumeur de 0,4 millimètres sur le fémur d'une souris ! Avec une IRM, qui s'apparenterait à une loupe, elle ne serait pas distinguée ! Leur but est d'aller voir des tumeurs au stade précoce, avant qu'elles ne soient métastasées et de les guérir.

                A quoi correspond leurs quatre brevets ?
                Chacun correspond à une des "remorques". Quand on en change, on change de matériau. Le principal intérêt, c'est d'envoyer spécifiquement des molécules à un seul endroit. de cibler précisement un traitement.

                La porchaine étape ?
                C'est la création d'une start-up via la Société d'accélération de transfert de technologie (Satt) Ouest-Valorisation, dans le deuxième semestre. L'an passé, en tant que lauréat du concours national d'aide à la création d'entreprises des technologies innovantes en émergences, le laboratoire a obtenu 30 000 euros. Ce qui a permis de lancer une étude de marché. Grâce à une autre subvention de 25 000 euros, un technicien a été embauché.

                Quel est le contexte économique ?
                Il n'existe que 2 sociétés dans le monde. Elles commercialisent 2 types de molécules mais pas la 3ème, celle fabriquée par les brestois. Et qui serait la plus intéressante ! Car elle permet d'encapsuler un maximum de métaux. Leur produit est destiné aux chercheurs, qui feront sans doute un médicament d'ici quelques années. Le marché est à haute valeur ajoutée. Produire 30 grammes de chélates coûte 9 000 euros mais rapporterait jusqu'à 86 000 euros ! Ces molécules peuvent aussi servir à filtrer les métaux lourds et radioactifs dans les eaux usées.

                Source : Ouest France - Laurence Guilmo - 3 février 2015

             

             

             

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