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      • 11/07/2014
      • Algues bio, le trésor convoité de Penn ar bed

          • Alain Madec est dans l'industrie des algues depuis 30 ans. Il a développé sa société, dont la production, biologique, aura doublé dans six mois.

          • Qu'est-ce que Penn ar bed ?

            AM : au départ, c'était une société conchylicole. Je l'ai reprise en 1999, et comme je travaillais dans l'industrie des algues depuis des années, j'ai abandonné la conchyliculture au profit de la biotechnologie des algues. Notre entreprise s'est installée à Kersaint-Plabennec. On ramasse plusieurs centaines d'algues par an, majoritairement dans le Finistère Nord. On a une superficie totale de 1000m² et on travaille avec 150 récoltants salariés, plus une centaine d'employés occasionnels.

             

            Que faites-vous des algues que vous récoltez ?

             

            AM : On les vend à d'autres entreprises qui les transforment, ou bien on le fait nous-même. On fabrique ainsi des produits de toutes sortes: engrais, alimentation animale, produits cosmétiques ou pharmaceutiques... Pour cette production, on est obligés d'importer de l'étranger, car il n'y a pas assez d'algues en France. Je travaille beaucoup avec des partenariats, on fait des échanges afin de n'avoir aucun déchet.

             

            Comment va évoluer votre entreprise ?

             

            AM : On a une croissance de 10 à 15% par an environ. Et d'ici six mois on aura doublé notre capacité de production et de stockage. La demande d'algues bio est importante, notamment pour la pioca chondrus crispus, utilisée dans l'alimentaire.

             

            La récolte d'algue bio est-elle reconnue par la loi ?

             

            AM : Il y a un réglement européen entré en vigueur en France en juillet 2010. Il permet le ramassage et la culture d'algues bio. Mais il n'existe pas encore de statut légal pour les récoltants, donc pas de formation obligatoire. On espère que ce statut sera créé rapidement pour avoir une meilleure reconnaissance. En revanche la gestion administrative est très réglementée ! Malgré l'assouplissement des procédures, il y a deux ans, elle reste longue et compliquée.

             

            Une filière qui connaît une demande importante :

             

            "On n'en est qu'au démarrage mais il y a de la demande", affirme Goulven Oillic, coordinateur filière à Initiative Bio Bretagne. Cette association veut fédérer tous les acteurs de la culture et du ramassage des algues bio. Après la directive européenne qui permet la certification bio, l'association a voulu structurer la filière. Elle a initié le programme AlgmarBIO, qui comporte notamment un guide de bonnes pratiques. Et le prochain volet sera centré sur la recherche. La demande d'algues bio est de plus en plus importante, notamment pour leurs qualités nutritionnelles. Mais pour le moment leur culture reste une micro-filière en France, à la différence du Japon "où c'est dans leur culture de manger des algues", explique Goulven Oillic.

             

            Source : Sarah Nattier - Ouest France - 9 juillet 2014

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